Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire


Film de Raphaël O’Byrne, coproduction Arte
France, Les Films à Lou, 2002.
Le film est édité par SCEREN-CNDP (2010) dans un coffret 2 DVD accompagné d’un livret.
Il est disponible à la vente en librairie, et sur le site
http://crdp.ac-paris.fr/Valere-Novarina-L-Acte-inconnu


Le souffle qui anime les textes de Valère Novarina traverse les acteurs
de part en part, les réduisant parfois à l’état d’animal, parfois à l’état de pantin comme nous le confirme Leopold Von Verschuer, acteur et traducteur de L’Origine rouge, dernière création de Valère Novarina.
Cette opération systématique de défiguration, Valère Novarina la retrouve dans l’oeuvre du peintre autrichien Arnulf Rainer dont il visite l’atelier.
Des rives du Danube, il se rend à Novgorod avec la philosophe Marie-José Mondzain qui lui fait partager son interprétation de certaines icônes de la cathédrale Sainte Sophie. Avec le physicien Etienne Klein, c’est de la structure moléculaire qu’il est question.
Son désir constant « d’aller dans la langue » l’attire vers les langues énigmatiques, comme le yiddish chanté par Leiélé Fisher qui nous offre un moment de pure émotion.
Rythmé par la langue de Valère Novarina, construit autour des répétitions de l’Origine rouge, ce film de Raphaël O’Byrne nous propose une traversée unique.

« C’est la deuxième fois que cet exercice de portraits « par échos » m’est proposé, et une nouvelle fois une rencontre a eu lieu.
Le film sur Henri Cartier-Bresson réalisé l’année dernière s’est pleinement inscrit dans la continuité de mon interrogation sur la nature du regard et sur l’image. Quand il s’agit de renouveler l’exercice avec Valère Novarina, la chose est tout autre, ne connaissant ni le personnage, ni ses livres, ni son théâtre, ni rien au théâtre
en général d’ailleurs.
Après avoir lu quelques-uns de ses écrits, je me rends compte de la place centrale du langage dans son travail, moi qui ai toujours choisi l’image plutôt que le mot, le regard et l’écoute plutôt que la parole.

Bref, rien n’indique, a priori, une quelconque affinité et j’apprends d’autre part qu’il est plutôt réticent au projet, n’ayant pas une grande estime pour la télévision...
Mais, très vite il y a la rencontre, la confiance, la complicité, l’accord et le partage, car au fond, malgré les apparences, tout nous a poussé dans un même mouvement vers un grand trou, vers un grand étonnement devant la vie, vers la surprise de se reconnaître. Ce film est la trace de cette reconnaissance. »
Raphaël O’Byrne

Les invités de Valère Novarina

Arnulf Rainer

Peintre et performer Influencé par le surréalisme,
Arnulf Rainer commence très tôt à retoucher ses propres
oeuvres, picturales et photographiques, aussi bien que celles que d’autres
artistes mettent à sa disposition pour parvenir, par corrections
et modifications, à une nouvelle expression. Il retravaille en
particulier ses autoportraits comme autant de crucifixions. Distingué
dès 1966 par le Prix national autrichien des Arts Graphiques, il
vit et travaille à Vienne où il a occupé une chaire
àl’Académie des Beaux Arts jusqu’en 1995. Un
musée lui est dédié à New York depuis 1993...

Leopold Von Vershuer

Acteur et traducteur en allemand des oeuvres de Valère
Novarina.









Etienne KIein

Physicien (Direction " Sciences de la Matière
au Commissariat à l’Energie Atomique"), Etienne Klein est
notamment l’auteur de Conversation avec le Sphynx, Les
paradoxes en physique
(Prix du meilleur livre scientifique 1993 en
Allemagne), Regard sur la matière, Des quantas et
des choses
.

 

 

 

Marie-José Mondzain

Philosophe, Marie-José Mondzain est notamment
l’auteur de Image, Icône, Economie, les sources byzantines
de flmaginaire contemporain
(1996), Van Gogh ou la peinture comme
tauromachie
(1996), L’image naturelle (1995), Présence
de l’icône
(1992).

 

 

 

Leiélé Fisher

comédienne et chanteuse