Conférence donnée par Valère Novarina dans le cadre de La culture, un défi pour l’évangélisation, cycle confié à Fabrice Hadjadj, écrivain et philosophe.
L’époque de la culture est révolue. Nous sommes à l’ère de la cybernétique et de l’édition du génome. On ne cultive plus guère – on encode, on clique, on télécharge. Jésus disait : Je suis la vigne et mon Père est le vigneron. Pourrait-il dire aussi bien : « Je suis la base de données et mon Père est le super-algorithme » ? L’Évangile a toujours présupposé la culture dans son sens le plus élémentaire, celui de l’agriculture et de l’élevage comme modèle d’un certain rapport au monde. Que se passe-t-il lorsque ce modèle disparaît ? Que se passe-t-il quand l’espèce humaine elle-même paraît vouée à l’extinction ? L’Évangile devient illisible. Il ne peut plus s’inculturer. Dès lors, à moins de sombrer dans un spiritualisme ennemi de l’Incarnation, il lui faut restaurer la culture et défendre la chair en même temps qu’il défend l’Esprit. Ceux qui ont à annoncer la Bonne Nouvelle se retrouvent face à un défi sans précédent : en prêchant l’Éternel, ils doivent aussi prêcher le temps ; en prêchant le Ciel, ils doivent encore prêcher la terre. Les ailes de l’ange les attireront désormais moins que les mains du charpentier, seules capables de bâtir encore une arche.

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