Valère Novarina, « Portfolio »

de Olivier Dubouclez

Paris, ADPF, Ministère des Affaires étrangères,
2006.

« L’œuvre de Valère Novarina est une des
entreprises les plus originales de la littérature contemporaine.
L’insurrection permanente du langage y accompagne une authentique
régénération du théâtre :
en constant débordement, l’écriture novarinienne
brise les codes de la représentation ; étrangère
aux crispations de la langue littéraire, elle vit de
suractivité poétique. Sur scène surgissent
des personnages détruits, livrés au quiproquo
de l’existence : se joue, devant nous, ce que l’auteur
appelle le « drame de la vie », liturgie
sinueuse et comique où l’homme éclate en contradiction.
Les documents rassemblés dans ce dossier ont pour dessein
d’indiquer les quelques entrées infernales qui permettront
de pénétrer l’ensemble indéfiniment ramifié de
l’œuvre : la destruction des images, la défiguration
de l’homme, le sacerdoce de l’acteur ou encore la germination
des langues. Les multiples activités de Valère
Novarina – écrivain, peintre, performer, lecteur – fournissent à cette
visite le contrepoint d’un matériau historique et onirique :
photographies, peintures, croquis, dessins, manuscrits, documents
affichés au mur, icônes obsédantes qui
accompagnent le travail de l’artiste. S’entremêlent des
mondes et des registres que l’on s’inquiète d’ordinaire
de distinguer, voire d’opposer : le théâtre,
le cirque, la politique, la nature, la fête foraine,
la philosophie classique, Dieu, Pinocchio.
Rhapsodie de formes et de langages dont ce cahier propose
une topographie minutieuse. »