Ce dont on ne peut parler,
c'est cela qu'il faut dire

 

  

Un film de Raphaël O'Byrne

Coproduction Arte France, Les Films à Lou
2002 - 65 minutes
Diffusion sur Arte le vendredi 15 novembre 2002

Pour se procurer la cassette du film
Les films à Lou 38, rue Léon 75018 Paris
Contact@lesfilmsalou.fr
 

Le souffle qui anime les textes de Valère Novarina traverse les acteurs de part en part, les réduisant parfois à l’état d’animal, parfois à l’état de pantin comme nous le confirme Léopold Von Verschuer, acteur et traducteur de L’Origine rouge, dernière création de Valère Novarina.
Cette opération systématique de défiguration, Valère Novarina la retrouve dans l’oeuvre du peintre autrichien Arnulf Rainer dont il visite l’atelier.
Des rives du Danube, il se rend à Novgorod avec la philosophe Marie-José Mondzain qui lui fait partager son interprétation de certaines icônes de la cathédrale Sainte Sophie. Avec le physicien Etienne Klein, c’est de la structure moléculaire qu’il est question.
Son désir constant « d’aller dans la langue » l’attire vers les langues énigmatiques, comme le yiddish chanté par Leiélé Fisher qui nous offre un moment de pure émotion.
Rythmé par la langue de Valère Novarina, construit autour des répétitions de l'Origine rouge, ce film de Raphaël O'Byrne nous propose une traversée unique.

 

C‘est la deuxième fois que cet exercice de portraits «par échos » m’est proposé, et une nouvelle fois une rencontre a eu lieu.
Le film sur Henri Cartier-Bresson réalisé l’année dernière s’est pleinement inscrit dans la continuité de mon interrogation sur la nature du regard et sur l’image. Quand il s’agit de renouveler l’exercice avec Valère Novarina, la chose est tout autre, ne connaissant ni le personnage, ni ses livres, ni son théâtre, ni rien au théâtre en général d’ailleurs.
Après avoir lu quelques-uns de ses écrits, je me rends compte de la place centrale du langage dans son travail, moi qui ai toujours choisi l’image plutôt que le mot, le regard et l’écoute plutôt que la parole.
Bref, rien n’indique, a priori, une quelconque affinité et j’apprends d’autre part qu’il est plutôt réticent au projet, n’ayant pas une grande estime pour la télévision... Mais, très vite il y a la rencontre, la confiance, la complicité, l’accord et le partage, car au fond, malgré les apparences, tout nous a poussé dans un même mouvement vers un grand trou, vers un grand étonnement devant la vie, vers la surprise de se reconnaître. Ce film est la trace de cette reconnaissance.

Raphaël O'Byrne

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