C‘est
la deuxième fois que cet exercice de portraits «par
échos » m’est proposé, et une nouvelle fois
une rencontre a eu lieu.
Le film sur Henri Cartier-Bresson réalisé l’année
dernière s’est pleinement inscrit dans la continuité
de mon interrogation sur la nature du regard et sur l’image. Quand
il s’agit de renouveler l’exercice avec Valère Novarina,
la chose est tout autre, ne connaissant ni le personnage, ni ses
livres, ni son théâtre, ni rien au théâtre
en général d’ailleurs.
Après avoir lu quelques-uns de ses écrits, je me rends
compte de la place centrale du langage dans son travail, moi qui
ai toujours choisi l’image plutôt que le mot, le regard et
l’écoute plutôt que la parole.
Bref, rien n’indique, a priori, une quelconque affinité et
j’apprends d’autre part qu’il est plutôt réticent au
projet, n’ayant pas une grande estime pour la télévision...
Mais, très vite il y a la rencontre, la confiance, la complicité,
l’accord et le partage, car au fond, malgré les apparences,
tout nous a poussé dans un même mouvement vers un grand
trou, vers un grand étonnement devant la vie, vers la surprise
de se reconnaître. Ce film est la trace de cette reconnaissance.
Raphaël
O'Byrne |