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Les autres articles

· André Marcon, animal sacré Marion Scali, Libération - 26 septembre 1986.
· Les bouffes aux animaux, Marion Scali, Libération - 10 octobre 1986.
· Le jeu du risque-tout, Odile Quirot, Le Monde - 17 juillet 1987
· Dieu s'est payé notre tête!, Gilles Costaz, Le Matin 12 novembre 1987
· Marcon, le contact et le compact, Marion Scali, Libération - 5/6 mars 1988.
· Robinson Marcon dans l'océan Novarina, Mathilde La Bardonnie, Libération - 16 juillet 1991.
· Criez, silence, Michel Cournot, Le Monde - 16 juillet 1991
· Le Discours aux animaux, André Gunthert et Jean-Loup Rivière, Encyclopaedia Universalis

Libération le 5/6 mars 1988
Marcon, le contact et le compact
Article écrit par Marion Scali
 
Aux Bouffes du Nord, André Marcon reprend « le Discours aux animaux » de Valère Novarina, qu'il publie en livre compact. Une première. Jubilatoire dans les deux cas.
 

C'est rond et brillant; ça en met plein  les oreilles, c'est un livre. Le premier  livre compact de la langue française. La voix qui dit appartient àAndré Marcon et le texte à Valére Novarina; version pour la scène du «Discours aux animaux », que l'acteur reprend par ailleurs au théâtre de la Bastille après une grande tournée européenne — tellement grande qu'il n'a pas eu le temps de mémoriser la suite du livre et qu'à la place de la «deuxième époque» annoncée, il redonne le spec­tacle créé aux Bouffes du Nord en septembre 1986.

C'est en juillet 1987 que les jeunes éditions Tristram (en hommage à «Tristram Shandy », le livre de Lau­rence Sterne, 1759-1768), avec la collaboration du Théâtre Fartov de Bordeaux et Yvan Blanloeil pour la réalisation ont enregistré numériquement le texte dans un «lieu silencieux, en dehors de Bordeaux: le cuvier d'un grand cru de Saint-Emilion », explique le maître d'oeuvre, Jean-Hubert Gailliot. On regrette presque que l'enregistrement n'ait pas donné lieu à un film-ou à une pièce Marcon dans le noir au milieu des cuves, déclamant, seul; acteur «avec tout le théâtre entre les dents» comme l'écrit Novarina, pendant que l' équipe technique s'installait dans les écuries, suspendue, casques aux oreilles, a sa voix...

Le château Soutard de François de Ligneris n'a pas dû déplaire à l'artiste, qui semble très inspiré pendant les soixante-deux minutes que dure le disque, avec cette voix unique qui fait que, dès qu'on l'a entendue, on ne peut plus lire une ligne de Novarina sans y penser. «J'ai vécu pour me venger d'être»..Il y eu, dans les années soixante, Pierre Fresnay qui lisait «la Bible», vers cinq heures du matin sur Europe 1. Sa voix collait à son objet; une voix qui prononçait les mots, les proférait, les pensait comme s'il les inventait au fur et à mesure. Celle de Marcon est de cet ordre-là, voix d'outre-verbe, comme on dit d'outre-tombe. Il n'est pas néces­saire d'avoir vu le spectacle pour rester pétrifié de jubilation à l'écoute du disque.

Les éditions Tristram («chaque tranche de livre y est une tranche de vie»), dont c'est là le premier exploit, présentent la particularité de vouloir trouver pour chaque texte le support qui lui convient le mieux. C'est ainsi qu'ils ont en projet la publication de «la Mort du héros» de Claude Minière, un «roman en progrès» publié en traitement de texte-feuilleton et envoyé à des «abonnés à l'écriture », «avec deux vitesses, les écrits au fur et à mesure, ou la livraison de l'ensemble». Le disque Marcon-Novarina leur a coûté 130000 F, et «mille exemplaires vendus couvriront les frais ».

MS.

«Le Discours aux animaux», au Théâtre de la Bastille, du 1er au 13 mars, 19h45 (tél.: 43.57.42.14) et en disque laser 62 minutes 45 secondes, éditions Tristram, Crissay-sur-Manse, 37220 l'Ile-Bouchard, 160 F.