Biographie
Valère Novarina est
né en 1947 à Chêne-Bougeries,
de Manon Trolliet, comédienne, et de Maurice Novarina, architecte.
Il passe son enfance et son adolescence à Thonon, sur la rive
française du Léman.
A Paris, il étudie à la Sorbonne, la philosophie et la philologie. Il lit Dante pendant une année et rédige un mémoire sur Antonin Artaud théoricien du théâtre. Il rend souvent visite à Roger Blin qui projette de mettre en scène l’un de ses textes. En compagnie de Jean Chappuis, il fait l’ascension du Mont Blanc, va de Thonon à Nice à pied et traverse la Corse.
Sa première pièce, L’Atelier volant, sera mis en scène par Jean-Pierre Sarrazac en 1974. Marcel Maréchal lui commande une libre adaptation des deux Henry IV de Shakespeare, Falstafe, qui sera montée au Théâtre National de Marseille en 1976.
Ephise Tagan
Lulu Bron
François Ducret
Jean Colloud
Gugusse de La Loterie Pierrot
photo de Pascal Fèvre
Le Babil des classes dangereuses - roman théâtral - est refusé par tous les éditeurs, jusqu’à ce que Jean-Noël Vuarnet le dépose chez Christian Bourgois qui le publiera en 1978. Suivra La Lutte des morts en 1979.
Le Drame de la vie est publié par Paul Otchakovski-Laurens en 1984. C’est à cette époque que Valère Novarina rencontre Jean Dubuffet - et engage avec lui une correspondance par pneumatiques.
Les éditions P.O.L. publient Le Discours aux animaux en 1987 ; Théâtre (L’Atelier volant, Le Babil des classes dangereuses, Le Monologue d’Adramélech, La Lutte des morts, Falstafe, 1989) ; Le Théâtre des paroles (Lettre aux acteurs, Le Drame dans la langue française, Le Théâtre des oreilles, Carnets, Impératifs, Pour Louis de Funès, Chaos, Notre parole, Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire - 1989) ; Vous qui habitez le temps (1989) ; Pendant la matière (1991) ; Je suis (1991) ; et deux adaptations pour la scène du Discours aux animaux : L’Animal du temps, et L’Inquiétude, en 1993. Enfin, toujours chez P.O.L, Valère Novarina publie La Chair de l’homme, en 1995 ; Le Repas en 1996 ; Le Jardin de reconnaissance, L’Espace furieux et L’Avant-dernier des hommes, en 1997 ; L’Opérette imaginaire en 1998 ; Devant la parole, en 1999 ; L’Origine rouge en 2000 ; La Scène en 2003 ; Lumières du corps en 2006.
La Lettre aux acteurs et Pour Louis de Funès ont été traduits en italien, en suédois, en anglais (américain), en allemand, en catalan, en russe, en roumain et portugais du Brésil ; L’Atelier volant, L’Espace furieux, adaptation pour la scène ont été traduits en italien ; Devant la parole a été traduit en italien et en espagnol ; des extraits d’autres textes ont été publiés dans des revues, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Suède, au Portugal, en Israël et aux États-Unis.
Valère Novarina a mis en scène huit de ses textes : Le Drame de la vie, créé au Festival d’Avignon, repris au Festival d’Automne à Paris en 1986 ; Vous qui habitez le temps, créé au Festival d’Avignon, repris au Festival d’Automne en 1989 ; Je suis, créé au Théâtre de la Bastille en 1991, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris ; La Chair de l’homme, créé en juillet 1995 au Festival d’Avignon ; Le Jardin de reconnaissance créé en mars 1997 au Théâtre de l’Athénée à Paris ; L’Origine rougecréé au Festival d’Avignon en 2000 ; La Scène, créé pour le Festival d’Avignon 2003, et dont la première eut lieu au théâtre de Vidy à Lausanne ; L’Espace furieux, créé en janvier 2006 à la Comédie Française ; L’Acte inconnu, créé le 7 juillet 2007 dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes au festival d’Avignon. Il a peint de grandes toiles pour chacun de ces spectacles.
Il a réalisé deux émissions pour l’Atelier de création radiophonique de France Culture : en 1980, Le Théâtre des oreilles, et en 1994, avec Roséliane Goldstein, Les Cymbales de l’homme en bois du limonaire retentissent.
André Marcon a créé, au Festival d’Automne et au Festival d’Avignon, Le Monologue d’Adramélech (1985), Le Discours aux animaux (1986) et L’Inquiétude (1991). Ces deux dernières interprétations ont fait l’objet d’enregistrements sur disque compact, aux éditions Tristram.
Claude Buchvald a mis en scène Vous qui habitez le temps, en 1994 ; elle a créé Le Repas en 1996, L’Avant dernier des hommesen 1997 et L’Opérette imaginaire en 1998. Jean Pierre Vincent a mis en scène Le Drame de la vie - fragment - au théâtre des Amandiers en mai 2001
A partir des années 80, Valère Novarina a intensifié ses activités de dessinateur et de peintre. Il réalise ainsi plusieurs performances où il mêle les « actions » de dessin ou de peinture, le texte, et parfois la musique ou la vidéo : Une Journée de dessin, le 2 avril 1980, à la galerie Medamothi à Montpellier (455 dessins du lever au coucher du soleil) ; Le Théâtre est vide. Entre Adam..., pour violon, actrice et dessinateur, les 11 et 12 juin 1980, à la galerie Jacques Donguy à Bordeaux (1008 dessins de midi à l’aube) ; Le Théâtre séparé, performance et exposition, 14 décembre 1980, Galerie Arte incontri à Fara d’Adda, Milan ; Deux jours de dessins, performance et exposition, 12 et 13 mai 1981, à la galerie L’Ollave à Lyon ; La Chambre noire, deux jours de peinture, 17 et 18 novembre 1982, à la galerie A la limite à Dijon ; Générique performance et exposition : "V.N. dessine dans la tour saint Nicolas, à La Rochelle, les 2587 personnages du Drame de la vie", 5 et 6 juillet 1983.
A Paris, la Galerie de France a présenté trois expositions de Valère Novarina : 2587 dessins (1987), La Lumière nuit : peintures, dessins, installation de travaux sur palette graphique (1990) et 78 figures pauvres (février-mars 1994). Le Musée Sainte-Croix à Poitiers a réuni au printemps 1996, un grand nombre de ses travaux dans une exposition-rétrospective intitulée L’Inquiétude rythmique. Un important ensemble de peintures et de dessins a été présenté en 1998 au Carré Saint Vincent à Orléans.
Une exposition regroupant les 2587 personnages du Drame de la vie et un ensemble de photographies, retraçant son parcours de metteur en scène et de plasticien, a eu lieu au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon (octobre-novembre 2004).
Massif des dents blanches, photo Valère Novarina