L’ENVERS DE L’ESPRIT


P.O.L, juin 2009


La marche en montagne est une excellente école pour saisir comme l’esprit se retourne. Il y a un « autrement » (substantif désignant l’action du verbe autrer) au passage d’un col, et à l’entrée à l’envers dans une vallée nouvelle. Et de chaque côté de la montagne on pense et on parle légèrement « autre ». Veränderung. J’imaginais qu’une pensée balkanique, sortant des Alpes, s’étendait sur toute l’Europe centrale et orientale et bien plus loin : du Léman à la Volga — une façon de penser qui ne craignait pas le miroitement du réel, la complexité compliquée, la réversibilité — et la jouissance, et la joie, et la délivrance par le pluriel.


traductions

A Cselevo szo szinhaza, (Le Théâtre du mot agissant : le langage se souvient, une langue maternelle, les cendres), traduction hongroise de Veronika Kovacs, Zsofia Rideg, Eniko Sepsi, Hongrie, Budapest, Raacio, 2009.