L’OPÉRETTE IMAGINAIRE


publié chez P.O.L en 1998. Réédité en Folio/Théâtre (Gallimard) en 2012.


  Qu’est ce qu’une opérette ? C’est un diminutif. Une forme plus courte, d’où tout gras théâtral est enlevé, un drame si concentré qu’il se dépouille du sentiment humain. L’opérette s’obtient par érosion : demeurent les restes durs, les arêtes rythmiques, la structure, les émouvants restes humains. Dans l’opérette, l’homme émeut par absence : On reconnaîtra les ossements humains à ce qu’il portait des yeux.
  C’est une forme acérée, un théâtre acide et en relief : une eau-forte. La pâte théâtrale a disparu : reste le trait, l’élan, la gravure. Par projections, sauts projetés, par passage d’un plan à l’autre, par pointillés, par découpes, le théâtre vient ici se débarrasser du tendre, de la plainte, du partage ému. L’opérette : ossature et forme cruelle du théâtre.
  L’opérette, toujours plein-feu, a pour refrain la phrase d’Arthur Cravan "Il est plus méritoire de découvrir le mystère dans la lumière que dans l’ombre."

L’HOMME D’OUTRE-ÇA.
Les oursements blonds des bernardines à action ne font maintenant plus aucun bruit.
L’OUVRIER OUICEPS.
Cling clong.
LA FEMME PANTAGONIQUE.
Peur-peur-peur-peur : écoute la vie
L’HOMME D’OUTRE-ÇA.
J’appelle réel tout ce qui vient mordre.
LA FEMME PANTAGONIQUE.
Peur-peur-peur-peur.
L’HOMME D’OUTRE-ÇA.
Peur-peur-peur-peur. Courage, ma peur !
L’OUVRIER OUICEPS.
C’est mon trou dans ma face et c’est pourtant ma bouche ; c’est mon trou dans ta face et j’y vais cependant m’y pendre par mes haillons verbaux.
LA FEMME PANTAGONIQUE.
Allons, mangeons la nourriture humaine hors de la langue des hommes !
L’HOMME D’OUTRE-ÇA.
Au sac ! Au sac !
 

réédition

L’Opérette imaginaire, édition établie par Michel Corvin, Gallimard, « Folio théâtre » n° 139, 2012.


au théâtre


Képzeletbeli Operett, traduction hongroise de Zsofia Rideg, mise en scène de Valère Novarina, musique de Christian Paccoud. Créé le 24 avril 2009 au Théâtre Csokonai à Debrecen, Hongrie. Reprise en novembre 2010 à l’Odéon-Théâtre de l’Europe dans le cadre de la saison 2010-2011 consacrée à Valère Novarina.


autres mises en scène


L’Opérette imaginaire a été créé le 21 septembre 1998 au Théâtre Le Quartz à Brest, et repris au Théâtre de la d’Automne, dans une mise en scène de Claude Buchvald et avec une musique de Christian Paccoud, avec Michel Baudinat, Didier Dugast, Laurence Mayor, Elizabeth Mazev, Claude Merlin, Christian Paccoud, Dominique Parent, Nicolas Struve, Valérie Vinci, Daniel Znyk.


  Les Enfants de la colère, scènes extraites de L’Opérette imaginaire, atelier de Claude Buchvald, Rennes, 30 avril 1998.

Die eingebildete Operette traduction et mise en scène : Léopold von Verschuer. Coproduction avec Donaufestival / Autriche Création le 8 décembre 2001 au Theater Rampe, Allemagne, Stuttgart.

L’Opérette imaginaire, mise en scène Marie Ballet et Jean Bellorini, festival « Les Nourritures Novarina », Lavoir Moderne Parisien, 10 janvier-25 février 2006.


L’Opérette imaginaire / ОПЕРЕТТА ПОНАРОШКУ
a été créée le 7 décembre 2010 à l’École d’Art Dramatique de Moscou, dans une mise en scène de Christophe Feutrier, création musicale Vartan Eritsian.


enregistrements sur disque compact


L’Opérette imaginaire, C.D. réalisé à partir de morceaux du spectacle librement assemblés. Texte de Valère Novarina, musique de Christian Paccoud d’après le spectacle mis en scène par Claude Buchvald, arrangements vocaux de Jean-Yves Rivaud, enregistrements et réalisation son : Thierry Balasse.
Enregistré en public au Théâtre Le Point du Jour à Lyon, les 20 et 21 janvier 1999, et en studio à la Muse en Circuit à Alfortville, du 26 mai au 1er juin 1999. Produit par la compagnie Claude Buchvald. Avec le soutien de l’ADAMI et de la Muse en Circuit.


traductions

L’Opérette imaginaire, traduction bulgare de Valentin Marinov, PELO, PANORAMA, Théâtre français contemporain, ed. Vitocha, 1999.
 
 


Die eingebildete Operette, traduction allemande de Léopold von Verschuer, Alexander Verlag, Berlin, Allemagne, 2001.


Imaginarni opereta, traduction tchèque de Preklad Michal Laznovsky, Edice soucasna hra, svazek 34, Prague, Tchéquie, 2005

Opereta imaginara, traduction roumaine de Tudor Ionescu, éd. Fundatia Culturala "Camil Petrescu", Bucarest, Hongrie, 2009.
Képzeletbeli Operett, traduction hongroise de Zsofia Rideg, L’Harmattan, 2009.
 
 
PERETKA PONAROCHKOU (L’Opérette imaginaire) suivi de LOUTCHI TIELA (Lumières du corps),, traduction russe et préface de Natalia Mavlevitch, Russie, Moscou, Tri Kvadrata, "Teatr triokh kvadratov", 2009.

à propos de


COURNOT, Michel, « Valère Novarina, toute déprime cessante ! », Le Monde, dimanche 29-lundi 30 novembre 1998.
DELFOUR, Jean-Jacques, « L’Opérette imaginaire », Cassandre, n°26, décembre 1998.
DREYFUS, Alain, « Chantez-vous le Novarinois ? », Libération, 18 novembre 1998.
GERMAIN, Jean-Luc, « L’Opérette imaginaire - termites dans la langue de bois », Le Télégramme de Brest, 23 septembre 1998.
KOBLE, Nathalie, « L’envers liturgique de la parole novarinienne : L’Opérette imaginaire à l’épreuve du sacré », dans Le théâtre et le sacré- autour du théâtre de Valère Novarina, sous la direction d’Enikő Sepsi, Hongrie, Budapest, Racio Kiado / Eötvös Collegium, 2009, p. 34-51.
LE TANNEUR, Hugues, « Daniel Znyk, Baryton imaginaire », Le Monde, 16 decembre 1998, Aden 16-22 dec. 1998.
LIN Zoé, « Opérette pour de vrai et pour de faux », L’Humanité, 5 décembre 1998.
NOTTE Pierre,« Un théâtre où brûler la littérature », La Terrasse, novembre 1998.
QUIROT Odile, « Novarina Circus triomphe », Le Nouvel Observateur, 17-23 decembre 1998.
RAMAT, Christine, « Opérette théologique, théologie d’opérette : les paradoxes d’une dramaturgie spirituelle », dans La Bouche théâtrale. Etudes de l’oeuvre de Valère Novarina, sous la direction de Nicolas Tremblay, Québec, Montréal, XYZ éditeur, « Documents », 2005, p. 87-99.
SUCHER Bernd, « Von Mackern und Möpsen », Süddeutsche Zeitung, n°281, 6 décembre 1998.
TEULON-NOUAILLES, Bernard, « L’Opérette imaginaire », Regards, n°23, décembre 1998.