LE DRAME DE LA VIE


Éditions Gallimard, "Poésie/Gallimard", 2003

 "Entrée du Mélodrome : action, exit. Valse des métiers : jambistes, chiffreurs, manœuvriers, ominiens, paraphréniens. Entre l’Homme-à-qui-il-n’est-rien-arrivé. Chanson courte. Entre l’Homme changé en machine à faire le monde. Chanson circulaire. Entre un homme vêtu de langues. La scène a lieu dans l’hôpital de Viande. Cinq déambulations. Chœur des quatre-vingt-sept médecins. Entre un homme qui contient la scène de Dieu et de son comique. Huit danses crâniennes... Mille crimes, litanies, accouplements, siamoiseries, poses fatales, gravitations, anthropophagies, scissiparités.
 Il avait dû passer sept ans dans la chair. Finir par ouvrir les yeux pour voir sa naissance. Reprendre la place d’Adam et enfanter 2587 fois. Il avait vécu des états de sortie d’homme. Homme était un état dont il était entré et sorti. Il aurait voulu refaire toute la chair à partir des paroles.
 Il écrivait en français animal. Il voyait partout des traces de lutte sur le sol. Il ne différenciait plus naître de mourir, ni la reproduction du crime. Il voulait, par des exercices continus de rythmique crânienne, pousser les sons jusqu’à la pensée.
 Il avait fait le premier roman sans hommes et poussé chaque action jusqu’à son dénouement de vide. Jusqu’à la joie de voir le monde sans lui. Il voulait combler sa naissance par du bruit.
Il avait vu la chair de dedans et le temps réduit à une nomination. Tous les êtres parlants, il les voyait comme une foule voulant toujours vivre debout son martyre pour la joie d’un seul spectateur regardant. Il avait cru faire l’expérience du temps, l’inventaire des verbes du monde. Comme une litanie, comme une passion antiphysique, comme une comédie divine sans sujet, comme un livre écrit par un chien.
 J’entendais le temps avec mes oreilles. La langue française était mon professeur d’inconnu. J’ai demandé à l’Animal du temps de me manger.
 J’étais sur terre non pour être homme, mais pour émettre sans cesse des figures humaines. Je dédie ce livre à mon Destructeur.
 Entre Adam. En avant la musique !" Quatrième de couverture de la première édition.
LE CHANTRE.
Entrent L’Homme aux Outrages, L’Enfant de Parlant, L’Homme de Vif, Le Champion Automatique, L’Ambulancier d’Action, L’Homme qui Passe, Le Motard Tombe, Le Motard Luthi, L’Homme de Ur, L’Homme de Fou, Le Professeur Président, Son Bétaillon, Déo, Le Concert Logique, Le Nain Homnus, Son Grand Pénultier. Ils sortent. Entrent l’Enfant Débile et l’Abbé Boum.
L’ENFANT DÉBILE.
Abbé, que faire ? j’ai une lacune : je ne retrouve plus ma présence.
L’ABBÉ BOUM. 
Enfoncez-vous ça là-dedans mon enfant, et répétez sans arrêt la liste de vos pères : Hutaud, Housby, Lambret, Dragolé, Honfleur, la Fille du Député Haguit, la Fille du Député Poulpiquet, Hitaud, L’Abbé Hougile, Narbut, Ecolodie, Lambier Cadet, Hambier Coffret, Husson, Jambion, l’Impératrice, Gélémitre d’Albon, Sanglon, L’Enfant Vérasse, L’Enfant Pile.

version pour la scène

Le
Drame de la vie
, premières scènes, a été
créé le 13 juillet 1986 au Théâtre municipal
d’Avignon, Festival d’Avignon et Festival d’Automne.
Mise en scène et décor de Valère Novarina,
musique d’Alexis Le Pichon, scénographie de Gauvin, costumes
de Jacques-Henri Loubrieu, lumière de Joël Hourbeigt.


autres mises en scène

1986 - Générique du Drame de la
vie
, par Christian Rist. Festival d’Avignon.
1987 - extraits, par les élèves du Lycée
Montesquieu, mise en scène de Pierre Lacombre. Temple des Chartrons,
Bordeaux,
1990 - Entrée perpétuelle,
d’après
Le Drame de la vie, par Laurence Mayor, mise en
scène de Pascal Omhovère. Théâtre Saint-Gervais
à Genève.
1996 - Ecole de la forme, hôpital de jour. Evreux,
1998 - le 30 avril, Le Drame de la vie
a été lu intégralement pendant neuf heures à
Rennes, par les étudiants de Rennes-2.
2001 - Le
Drame de la vie
, fragments, mise en scène Jean-Pierre
Vincent avec les Acteurs Amateurs des Amandiers


enregistrements audio

Le
Drame de la vie
, Voix d’écrivains - Les Alligators
souriants
, Tristram et L’Immature, 1993, hors commerce.

"Tuyaude", "Histoire d’Adam" et "Execution de Buffet", extraits du Drame de la vie, lecture par Valère Novarina dans le CD Le vrai sang, documents sonores réunis par Pascal Omhovère, Editions Héros-Limite, 2006.

vidéos

La Diagonale du peintre
(Valère Novarina peignant le plafond du Drame de la vie.),
réalisation Jean-Paul Le Besson, Cargo Films, vidéo
couleur, 15 minutes, 1986.


expositions

Le Drame de la
vie
a donné lieu à la création des 2 587 dessins
des personnages du livre.

Générique-Ouverture du Drame de la vie, performance et exposition, "Valère Novarina dessine les 2587 personnages du Drame de la vie", La Rochelle, juillet 1983.

2587 dessins, Festival d’Avignon, Avignon, salle de théologie du Palais des Papes, juille-aout 1986.


2587 dessins, Galerie de France, Paris, décembre 1986-janvier 1987.


Zeichnungen, Centre Culturel Français, Allemagne, Berlin, janvier
1987.


365 000 secondes avec Valère Novarina, Espace des Arts,
Chalon-sur-Saône, 1989. Catalogue.


2587 dessins, Espace Vigneron, Baillargues, 1993.

L’Inquiétude rythmique, peintures, dessins, palette graphique,
Poitiers, Musée Sainte-Croix, janvier-mars 1996.


2587 dessins, Médiathèque, Espace François Mitterrand, avril 1996.

Valère Novarina... Peintures, dessins, Le Carré Saint Vincent, Orléans, 5 septembre-15 novembre 2008.

Valère Novarina, exposition, peintures et dessins, Le Pavé dans la mare, Espace Gantner, Centre culturel multimédia, Besançon, septembre-octobre 2000.

Peintures, dessins, Musée de Valence, Valence, novembre 2001-janvier 2002.

Les 2587 dessins des personnages du Drame de la vie, exposition Connexion, Mamco, Suisse, Geneve, 25 octobre-15 janvier 2006.


Les peintures du Drame de la vie, acquisition du F.R.A.C. Midi
Pyrénées, 1986.



Teatre de Dibuixos / Théâtre de Dessins : 2587 Personatges i 311 Definicions de Déu / 2587 Personnages et 311 Définitions de Dieu, Barcelone, Arts Santa Monica, du 21 avril au 27 juin 2010.


traductions

The Drama of life
 : Prolog
, traduction américaine d’Allen S. Weiss, The Drama Review,
volume 37, n° 2 (T138), États-Unis, New-York, été 1993.


à propos de : Le Drame de la vie

CLAVEL, "Le Drame de la vie", Les Nouvelles littéraires,
23-29 février 1984.

FENZAK Sylvie, "Valère Novarina : Le Drame de la vie",
entretien, Art et Psyché, mai 1987.

GAY Annie, "Le Drame de la vie", TXT, n°17, décembre
1984.

LAPORTE Dominique-Gilbert, "Le Drame de la vie", Art
Press
, n°80, avril 1984.

LAURENT Anne, " Les 2587 drames de Valère Novarina",
Libération, 8 juillet 1983.

PRIQUE Alain, "Le Drame de la vie",Profils, n°1,
avril 1984.

Valère Novarina peint le décor du Drame de la vie,
photographies d’Eric FABRE et Jean-Paul LE BESSON, Théâtre /Public,
n°72, novembre 1986.

COSTAZ Gilles, "Dieu s’est payé notre tête", Le Matin,
12 novembre 1987.

DI MEO Philippe, "Du berceau à la tombe", La Quinzaine
littéraire
, n°414, 1 avril 1984.

DUBUFFET Jean, "Une petite annonce avant que le rideau
se lève", TXT, n° 17, février 1984.

DUBUFFET Jean, correspondance avec Valère NOVARINA, Prospectus
et tous écrits suivants
, tome 3 et 4.

MINIERE Claude, "Le nô d’une époque glacière", + - 0 , n°31 décembre 1980.

"

RENAUDE Noelle,"Le désir de vertige", entretien avec Valère Novarina,
Théâtre / Public, n°72, novembre 1986.

THIBAUDAT Jean Pierre, "86, l’année Novarina", Libération,
12 décembre 1985, p. 1 et 38-39.